Le concerto n°1 de Bruch, par F. Gili-Millera


Le Concerto n°1 de Max Bruch est sa partition la plus célèbre. Il est considéré comme l’un des quatre grands concertos allemands pour violon, avec ceux de Beethoven, Mendelssohn et Brahms.

Son premier mouvement, que Bruch intitule Prélude, est de style rhapsodique, avec une grande liberté formelle, et relativement court. Les critiques ont vu en lui une introduction aux deux mouvements suivants, plutôt qu’un véritable premier mouvement. D’ailleurs, le compositeur lui-même avait hésité à appeler son œuvre « concerto », en raison de sa structure. Dans tous les cas, le langage pleinement romantique de Bruch s’exprime admirablement bien dans cette forme, qui présente des passages tour à tour héroïques, élégiaques et dramatiques, tout en respectant l’alternance dans le dialogue entre le soliste et l’orchestre.

L’Adagio s’enchaîne sans interruption, sur une note tenue par les premiers violons. C’est un vaste mouvement dont la mélodie principale, très intime, est jouée par le violon solo, avant d’être ornée, enrichie, variée, puis confrontée à un deuxième thème plus majestueux mais plus court, amené par les cors, bassons et cordes graves. (Strauss utilisera un thème avec un début identique dans sa Symphonie Alpestre, également amené par les cors !). De nouveau, ce grand développement n’est pas sans rappeler les procédés de Beethoven. Tout le mouvement, dans la forme d’une romance, est rempli d’expression, de profondeur et de sentiment intérieur, au service duquel Bruch place toute son invention mélodique.

Le brillant Finale évoque les rythmes et les accents tziganes chers à son dédicataire Joachim, à travers un premier thème qui arrive de la main du soliste, tout de suite après une introduction très rythmée de l’orchestre. Les alternances solo-orchestre se mettent une fois de plus en place, jusqu’à l’arrivée d’un deuxième thème grandiose et exubérant, exposé cette fois dans un grand fortissimo orchestral, avant d’être repris par le soliste. Les deux thèmes vont être développés, mais c’est le premier qui agira comme fil conducteur et qui mènera au bref et fougueux Presto conclusif.

Ferran Gili-Millera

Image: Photographie de Max Bruch au piano
Source: AKG Images, disponible sur: https://www.gramophone.co.uk/features/article/max-bruch-touching-the-divine


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