Jean-Francis Monvoisin, ténor

Premier prix de chant et de musique de chambre au CNSM de Paris, Jean-Francis Monvoisin chante en France dans de nombreux opéras, Paris, Lyon, Marseille, Strasbourg, Rennes, Angers, Limoges ou Tours.

A l’étranger (Rome, Bruxelles, Vienne, Genève, Zürich, Pékin, Edimbourgh, Madrid, Cleveland, Montréal, Québec, Hambourg,Essen, Nuremberg, Cagliari, Bolzano, Le Caire, Cap Town, Fribourg, Hawaii, Lima, Quito…)

Il chante sous la direction de chefs comme Pappano, Rizzi, Humburg, Bonynge, Ossonce, Neuhold, Korsten, Armstrong, Lacombe, De Renzi, Fagen…

Les rôles qu’il interprête le plus souvent sont Hoffmann, Don José, Faust (Berlioz et Gounod), Benvenuto Cellini, Bacchus, Florestan, Cavaradossi, Pinkerton, Rodolfo, Radamés…

Jean-Francis Monvoisin interprète également la mélodie française : Nuits d’été de Berlioz, Poème de l’amour et de la mer de Chausson…

A l’origine du spectacle Le Métronome amoureux, il y réconcilie ses premières amours, l’accordéon et la chanson française avec l’opéra, la mélodie et la poésie.

Site officiel : www.jfmonvoisin.com

Sylvain Muster, basse

Titulaire d’un diplôme d’enseignement du chant, d’un diplôme d’opéra et d’un prix de virtuosité obtenus à Neuchâtel et à Bienne, Sylvain Muster s’est perfectionné principalement avec la soprano américaine Grace Bumbry à Salzbourg, mais aussi auprès de grands maîtres comme Mirella Freni en Italie. Il est actif dans plusieurs domaines de l’art lyrique. En tant que basse, il est régulièrement engagé comme soliste pour des concerts d’oratorio dans des œuvres de Bach(Messe en si, Passion selon saint Jean, Passion selon saint Matthieu, Magnificat), Mozart (Requiem, Grande messe en do min., Messe du couronnement), Haydn (Die Schöpfung, Die sieben letzten Worte unseres Erlösers am Kreuze, Paukenmesse), Haendel (Messie, Dettinger Te Deum), Bruckner (Te Deum), Beethoven (Missa solemnis, 9e Symphonie), Dvorák (Stabat Mater), Verdi (Requiem), Rossini (Petite Messe Solennelle, Stabat Mater), etc.

A la scène, Sylvain Muster a tenu des rôles classiques dans des opéras de Mozart (Leporello, il Commendatore ou Masetto dans Don Giovanni, Figaro dans Le Nozze di Figaro), Bellini (Rodolfo dans La Sonnambula), Donizetti (Dulcamara dans L’Elisir d’Amor), etc. Il a aussi prêté sa voix à des opéras plus contemporains, comme le rôle de Tchouboukov dans La demande en mariage, une création du Lausannois Richard Dubugnon d’après un texte de Tchekov. A l’Opéra de Lausanne, il a été La Svegliata et Il Notaro dans Il Barbiere di Siviglia de Paisiello, mis en scène par Omar Porras ou encore Kromski dans La Veuve joyeuse de Lehár, mis en scène par Jérôme Savary.

En 2009, il s’installe à Salzbourg pour deux années d’études de composition et direction à l’Université Mozarteum. Il collabore à plusieurs reprises avec l’Oper im Berg Festival, où il interprète les rôles de Sarastro (Die Zauberflöte, Mozart), Don Basilio (Il Barbiere di Siviglia, Rossini), Colline (La Bohème, Puccini) ou encore le roi Dareios dans l’opéra Der Sonnenkreis, créé en 2009 dans la mise en scène de Barbara Bonney.

Sylvain Frank Muster a composé un Te Deum pour soli, chœur et orchestre, basé sur l’instrumentation du Requiem de Mozart. Il a également composé plusieurs opéras que l’on peut voir sur YouTube, comme Opus X, ou encore La Coquette punie, sur des textes de Michel Beretti. Sur un texte du même librettiste, il a composé Renart, opéra tout public joué 52 fois au Petit Théâtre de Lausanne et en tournée en Suisse romande en 2008-2010.

Sylvain Muster dirige le Chœur de l’Université de Neuchâtel, les Chœur et Orchestre du Lycée Denis-de-Rougemont de Neuchâtel et le Chœur La Campanelle de Pontarlier. Il enseigne le chant au Conservatoire de Musique de Neuchâtel et la pédagogie vocale à la Haute Ecole de Musique de Genève, site de Neuchâtel.

G. Verdi: Missa di Requiem

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Par Ferran Gili-Millera, directeur artistique d’Amabilis

Pour le compositeur, elle devait à l’origine signifier la fin et le couronnement de sa carrière : après avoir connu le succès avec l’opéra Aida en 1871, Verdi composa la Messa da Requiem en mémoire de son compatriote le poète Alessandro Manzoni, mort en 1873 et qui s’était engagé comme lui pour l’unité italienne au sein du Risorgimento, dans un idéal de justice et d’humanité. Verdi fut si ébranlé par la mort de Manzoni qu’il ne put se joindre au cortège funèbre.

L’œuvre a comme origine une commande passée à plusieurs compositeurs italiens pour écrire une messe de requiem à la mémoire de Gioachino Rossini mort le 13 novembre 1868, pour laquelle Verdi composa la treizième et dernière partie, le Libera me. La Messa per Rossini n’ayant jamais été exécutée, Verdi envisagea rapidement de composer un requiem entier à partir du Libera me, mais le projet ne prit forme qu’avec la mort de Manzoni. Verdi offrit à la municipalité de Milan la composition d’une messe en son honneur, d’où le titre originel de Requiem de Manzoni.

Verdi entreprit donc la composition du Requiem, en donnant une place très importante à la séquence du Dies Irae, qui contient le thème récurrent du jugement dernier.

Le texte et la structure de l’œuvre correspondent presque parfaitement à la liturgie catholique du service des morts. Les écarts sont marginaux : Verdi renonça seulement à l’adaptation musicale du Graduel et du Tractus, mais ajouta le Répons (Libera me). Cependant, une fois la composition achevée, Verdi rencontra certaines difficultés pour la célébration qui devait avoir lieu à Milan : les textes de l’Introït, du Kyrie et de la Séquence n’étaient pas conformes aux rites propres à l’église milanaise. D’autre part, il dut obtenir une autorisation spéciale pour que les femmes puissent chanter dans l’église (elles durent se vêtir de noir et porter le voile).

La création eut lieu le jour du premier anniversaire de la mort de Manzoni le 22 mai 1874 en l’église San Marco de Milan, sous la direction du compositeur lui-même. Le Requiem fut accueilli avec un grand enthousiasme et trois autres exécutions furent réalisées à la Scala. Après cet accueil triomphal, le compositeur entreprit une sorte de tournée en Europe (Paris, Londres…).

La Messa da Requiem de Verdi est très certainement le plus théâtral, au sens noble du terme, des requiems. Par sa forme grandiose, sa durée aussi, il est l’un des rares exemples d’une interprétation « opératique » d’un texte liturgique.

La grande question donc, qui reste d’ailleurs toujours d’actualité, était de savoir si la religiosité d’une messe des morts avait été respectée : la dualité de l’œuvre, messe des morts et opéra, était évidente, et la signification elle-même d’un requiem fut remise en cause. Car si la partition avait été écrite pour l’anniversaire de la mort de Manzoni, le style et l’ampleur de la musique étaient si proches de l’opéra que tout le « respect » d’un cadre religieux prédéfini fut ébranlé.

Mais la grande particularité de ce requiem, comparé aux autres, est la rupture avec le traditionnel équilibre entre le « Requiem », prière, supplication des hommes vers Dieu, et le « Dies irae », ordre de Dieu sur les hommes. Car Verdi a clairement mis en valeur l’élément du jugement dernier, donnant l’impression d’un combat terrible entre l’homme et la mort, bien plus qu’un souhait de repos et de calme face à celle-ci.

La distribution correspond à celle d’un orchestre d’opéra de cent exécutants (similaire à celle de Don Carlos) avec quatre solistes et un chœur.

Ferran Gili-Millera