Sébastien Guenot, scénographe

Ce qui m’intéresse le plus, c’est de brouiller les frontières entre différentes disciplines, de créer des espaces mêlant plusieurs dimensions imaginaires, et de faire interagir les médiums entre eux.

Né à Genève en 1974, Dessinateur architecte de formation, Sébastien Guenot à ensuite été diplômé de l’école de film de Vancouver en 2000. Il a vécu, étudié et travaillé plusieurs années sur les côtes ouest du Canada et de la Suède.

D’esprit indépendant et autodidacte, il a très vite percé dans la narration spatiale; d’abord en imaginant des illustrations et des films d’animations pour des sociétés de communications suédoises, et ensuite en imaginant des scénographies théâtrales, muséales et architecturales, ainsi que du graphisme culturel, de la communication visuelle et de la direction artistique pour plusieurs institutions, association ou entreprises privées, en Suisse. Ses directions artistiques singulières mettent l’énergie sur une narration visuelle globale en lien avec l’atmosphère du lieu et de son contenu. Tout son travail se développe autour de sa théorie que le contenu  narratif créer la forme artistique et spatiale.

Depuis 2017, poussé par un très fort désir intuitif d’exprimer son art ressenti depuis l’enfance, il a commencé un parcours artistique très individuel, loin des codes académiques, et s’est créé un espace singulier dans les arts narratifs contemporains. Depuis, il expose son travail régulièrement sur certains réseaux sociaux et dans divers lieux d’expositions.

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Un Nabucco inédit à la Cathédrale de Lausanne: A l’attention de la presse

Un Nabucco inédit sera présenté à la Cathédrale de Lausanne en novembre prochain.

Le chef d’orchestre Ferran Gili-Millera et les metteurs en scène Gérard Demierre et Jean-Philippe Guillois présentent une vision originale de l’oeuvre de Verdi, dans un projet musical d’envergure réunissant près de 120 chanteurs et musiciens ainsi que des solistes de renommée internationale.
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Nabucco : Le propos des metteurs en scène

Gérard Demierre et Jean-Philippe Guilois, le metteurs en scène de cette production de l’opéra Nabucco s’expriment sur leurs choix narratifs et esthétiques, mettant en évidence la valeur mythique, universelle et donc actuelle de cet épisode biblique.

Que faire de Nabucco? L’écueil n’est pas mince. L’ouvrage est en effet trop associé aux grands péplums qui font le bonheur des théâtres antiques et des gros festivals. Nous avons décidé de s’extraire de la monumentalité, pour faire mieux vibrer les sentiments intimes ou patriotiques des protagonistes et du peuple.

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Amabilis s’agrandit avant une saison épique

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En novembre prochain, l’orchestre Amabilis et son directeur Ferran Gili-Millera donneront l’opéra Nabucco du maître Giuseppe Verdi, une oeuvre phare dans l’histoire de l’opéra, créée pendant la lutte pour l’unité italienne. Le cadre choisi, inédit, rappellera le thème religieux tout en offrant une expérience unique à notre public: Lausanne aura en effet la chance d’assister plusieurs soirs de suite à Nabucco en sa sublime Cathédrale, aménagée pour l’occasion avec le soutien des autorités et d’acteurs locaux. Musiciens de tout le canton voire au-delà, rejoignez-nous pour cette expérience mémorable !

La distribution et les informations sur l’événement sont à découvrir ici :

Nabucco de G. Verdi – Cathédrale de Lausanne

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G. Verdi: Missa di Requiem

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Par Ferran Gili-Millera, directeur artistique d’Amabilis

Pour le compositeur, elle devait à l’origine signifier la fin et le couronnement de sa carrière : après avoir connu le succès avec l’opéra Aida en 1871, Verdi composa la Messa da Requiem en mémoire de son compatriote le poète Alessandro Manzoni, mort en 1873 et qui s’était engagé comme lui pour l’unité italienne au sein du Risorgimento, dans un idéal de justice et d’humanité. Verdi fut si ébranlé par la mort de Manzoni qu’il ne put se joindre au cortège funèbre.

L’œuvre a comme origine une commande passée à plusieurs compositeurs italiens pour écrire une messe de requiem à la mémoire de Gioachino Rossini mort le 13 novembre 1868, pour laquelle Verdi composa la treizième et dernière partie, le Libera me. La Messa per Rossini n’ayant jamais été exécutée, Verdi envisagea rapidement de composer un requiem entier à partir du Libera me, mais le projet ne prit forme qu’avec la mort de Manzoni. Verdi offrit à la municipalité de Milan la composition d’une messe en son honneur, d’où le titre originel de Requiem de Manzoni.

Verdi entreprit donc la composition du Requiem, en donnant une place très importante à la séquence du Dies Irae, qui contient le thème récurrent du jugement dernier.

Le texte et la structure de l’œuvre correspondent presque parfaitement à la liturgie catholique du service des morts. Les écarts sont marginaux : Verdi renonça seulement à l’adaptation musicale du Graduel et du Tractus, mais ajouta le Répons (Libera me). Cependant, une fois la composition achevée, Verdi rencontra certaines difficultés pour la célébration qui devait avoir lieu à Milan : les textes de l’Introït, du Kyrie et de la Séquence n’étaient pas conformes aux rites propres à l’église milanaise. D’autre part, il dut obtenir une autorisation spéciale pour que les femmes puissent chanter dans l’église (elles durent se vêtir de noir et porter le voile).

La création eut lieu le jour du premier anniversaire de la mort de Manzoni le 22 mai 1874 en l’église San Marco de Milan, sous la direction du compositeur lui-même. Le Requiem fut accueilli avec un grand enthousiasme et trois autres exécutions furent réalisées à la Scala. Après cet accueil triomphal, le compositeur entreprit une sorte de tournée en Europe (Paris, Londres…).

La Messa da Requiem de Verdi est très certainement le plus théâtral, au sens noble du terme, des requiems. Par sa forme grandiose, sa durée aussi, il est l’un des rares exemples d’une interprétation « opératique » d’un texte liturgique.

La grande question donc, qui reste d’ailleurs toujours d’actualité, était de savoir si la religiosité d’une messe des morts avait été respectée : la dualité de l’œuvre, messe des morts et opéra, était évidente, et la signification elle-même d’un requiem fut remise en cause. Car si la partition avait été écrite pour l’anniversaire de la mort de Manzoni, le style et l’ampleur de la musique étaient si proches de l’opéra que tout le « respect » d’un cadre religieux prédéfini fut ébranlé.

Mais la grande particularité de ce requiem, comparé aux autres, est la rupture avec le traditionnel équilibre entre le « Requiem », prière, supplication des hommes vers Dieu, et le « Dies irae », ordre de Dieu sur les hommes. Car Verdi a clairement mis en valeur l’élément du jugement dernier, donnant l’impression d’un combat terrible entre l’homme et la mort, bien plus qu’un souhait de repos et de calme face à celle-ci.

La distribution correspond à celle d’un orchestre d’opéra de cent exécutants (similaire à celle de Don Carlos) avec quatre solistes et un chœur.

Ferran Gili-Millera